Reuters : Washington aurait proposé à Moscou des accords énergétiques en échange de la paix en Ukraine
Lors des discussions menées ce mois-ci sur un éventuel règlement du conflit en Ukraine, les représentants des gouvernements américain et russe ont évoqué plusieurs accords énergétiques. Selon cinq sources informées citées par Reuters, et relayées par Azerbaijan Today, l’administration américaine envisageait même d’annoncer un important accord d’investissement à l’issue du sommet en Alaska.
Ces propositions avaient pour objectif d’inciter le Kremlin à accepter un accord de paix et, en retour, à pousser Washington à alléger ses sanctions contre la Russie. Trois sources ont confirmé que la possibilité d’un retour d’Exxon Mobil dans le projet pétrogazier Sakhaline-1 avait été abordée.
Quatre autres interlocuteurs ont précisé que la question de l’approvisionnement russe en équipements américains pour ses projets de gaz naturel liquéfié, notamment Arctic LNG-2 sous sanctions occidentales, figurait également parmi les thèmes discutés. Une autre piste aurait consisté à permettre aux États-Unis d’acquérir des brise-glaces nucléaires russes.
Ces échanges ont eu lieu début août à Moscou, lors de la visite de l’envoyé américain Steve Witkoff, qui a rencontré Vladimir Poutine et son représentant pour les investissements, Kirill Dmitriev. Les sujets ont été brièvement évoqués de nouveau lors du sommet en Alaska le 15 août.
« La Maison Blanche tenait absolument à sortir du sommet avec un gros titre sur un accord d’investissement majeur. C’est ainsi que Trump estime avoir marqué des points », a confié une source à l’agence.
Le jour même de cette rencontre, Vladimir Poutine a signé un décret ouvrant la possibilité pour des investisseurs étrangers – dont Exxon Mobil – de récupérer des parts dans Sakhaline-1, à condition qu’ils soutiennent la levée des sanctions occidentales contre Moscou. Exxon s’était retiré de Russie en 2022, au lendemain de l’invasion de l’Ukraine, en enregistrant une perte de 4,6 milliards de dollars. Sa participation de 30 % dans Sakhaline-1 avait été confisquée par Moscou.
Depuis 2022, Washington a imposé plusieurs séries de sanctions contre le projet Arctic LNG-2, bloquant notamment l’accès aux navires de classe glace indispensables à son exploitation. Un des interlocuteurs a indiqué que les États-Unis souhaitaient détourner la Russie des technologies chinoises pour l’amener à se fournir en matériel américain, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à fragiliser l’axe Pékin-Moscou.
Le 21 août, le président américain Donald Trump avait assuré qu’il serait en mesure d’évaluer la possibilité d’un accord de paix « d’ici deux semaines ».
