En France, le conflit entre Macron et son ministre de l’Intérieur s’intensifie
La réunion du gouvernement du 23 juillet a été marquée par des échanges « glaciaux » entre le président Emmanuel Macron et le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, ce dernier s’étant publiquement distancé du chef de l’État la veille.
C’est ce que rapporte BFMTV, citant des sources bien informées, selon Azerbaijan Today.
Les tensions ont débuté mardi, lorsque Bruno Retailleau — issu du parti de droite Les Républicains — a déclaré publiquement que « le macronisme prendra fin avec l’ère Macron en 2027 », date des prochaines élections présidentielles après la fin du second mandat de l’actuel président.
Il a également affirmé que sa présence au sein du gouvernement ne devait pas être interprétée comme un soutien au macronisme, mais comme une démarche motivée par « l’intérêt général » et sa volonté de faire barrage à l’extrême gauche, qu’il considère comme une menace plus grave que le Rassemblement national.
Ces propos ont provoqué une vive réaction dans le camp présidentiel.
« Le macronisme est à la fois une idéologie et une force politique. Tenter de dissocier la base commune, c’est affaiblir notre capacité à résister aux extrêmes. L’action commune nécessite un respect mutuel », a réagi notamment Élisabeth Borne, ancienne Première ministre et actuelle ministre de l’Éducation.
Interrogé sur une éventuelle démission de Bruno Retailleau, le porte-parole du gouvernement a répondu qu’il « pouvait bien sûr rester » à son poste.
Lors du Conseil des ministres mercredi, le Premier ministre François Bayrou a soulevé la question des troubles récents survenus dans plusieurs villes de France. À la surprise générale, Emmanuel Macron est intervenu de manière abrupte, demandant des explications à Retailleau — une démarche inhabituelle, le président posant généralement ses questions en fin de séance.
Retailleau a expliqué que les maires se plaignaient d’un manque de budget pour les forces de police locales et a mentionné des difficultés de recrutement dans les unités policières.
Macron lui a répondu qu’il avait, de son côté, systématiquement augmenté ces budgets, et a souligné que les réductions d’effectifs dans la police avaient été décidées par de précédents ministres issus des Républicains.
L’échange tendu s’est arrêté là, sans qu’il soit fait mention directe des propos de Retailleau lors de ses interviews récentes.
Un récent sondage indique que Macron, au pouvoir depuis 2017, et Bayrou, nommé Premier ministre en décembre, forment le tandem exécutif le plus impopulaire de l’histoire politique contemporaine française.
Malgré plusieurs motions de censure surmontées, la position de François Bayrou reste fragile. Le Rassemblement national, parti d’extrême droite, a déjà annoncé son intention de déposer une nouvelle motion lors des débats budgétaires de l’automne.
Bayrou devra parallèlement trouver des solutions pour réaliser plusieurs milliards d’euros d’économies afin de réduire la dette publique.
Emmanuel Macron a récemment laissé entendre qu’il souhaitait continuer à jouer un rôle politique national après la fin de son mandat en 2027.
