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Fuite MI6 : l’Iran cherche à instrumentaliser des données sensibles dans les négociations nucléaires

Téhéran tente de se servir d’une faille de sécurité britannique comme levier diplomatique. Selon le Daily Telegraph, cité par Azerbaijan Today, l’Iran aurait sollicité les Talibans pour obtenir la liste de ressortissants afghans ayant collaboré avec le Royaume-Uni, une liste compromise lors d’une fuite massive de données survenue au sein du ministère britannique de la Défense.

La fuite, révélée en août 2023 mais survenue dès 2022, a exposé les données personnelles d’environ 25 000 Afghans ayant œuvré aux côtés de Londres avant la prise de pouvoir des Talibans en 2021. Plus d’une centaine de Britanniques — parmi lesquels des agents du MI6 et des membres des forces spéciales — figureraient également parmi les personnes exposées. L’origine du scandale ? Un employé du ministère aurait par erreur envoyé un courriel contenant ces informations à une adresse externe non sécurisée.

Selon plusieurs sources, le régime iranien souhaiterait exploiter ces documents comme monnaie d’échange dans les pourparlers autour de son programme nucléaire. Le fichier contiendrait notamment des noms de militaires afghans, de traducteurs, d’informateurs, voire de candidats à l’asile aujourd’hui réfugiés en Iran. D’après le Telegraph, au moins une personne aurait déjà été expulsée vers l’Afghanistan, signe d’une coopération en cours entre Kaboul et Téhéran.

Un haut responsable iranien, cité anonymement, a affirmé qu’“il est impératif de localiser le plus grand nombre possible de ces individus avant la réintroduction des sanctions européennes prévue pour la fin août, afin d’en faire des instruments de négociation officieuse”.

Depuis la fuite, environ 4 500 Afghans ont été transférés au Royaume-Uni, avec des projections allant jusqu’à 7 000 évacuations prioritaires. En tout, plus de 30 000 Afghans ont été accueillis sur le sol britannique depuis le retrait des troupes internationales en 2021.