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La France se retire du projet d’achat d’armement américain pour l’Ukraine soutenu par les États-Unis

Paris refuse de participer au mécanisme d’acquisition d’armes proposé par Washington, préférant une autonomie stratégique européenne.

La France a décidé de ne pas prendre part à l’initiative présentée par le président américain Donald Trump, selon laquelle les pays européens achèteraient des armes américaines destinées à l’Ukraine. Cette décision, rapportée par Politico et relayée par Azerbaijan Today, souligne une divergence stratégique majeure entre Paris et ses partenaires transatlantiques.

Réuni dans le Bureau ovale avec le nouveau secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, le président Trump a évoqué le soutien de plusieurs pays d’Europe du Nord – auxquels s’ajoutent le Royaume-Uni et les Pays-Bas – à cette initiative visant à armer rapidement l’Ukraine via des achats directs auprès de l’industrie de défense américaine.

L’absence de la France dans cette liste n’est pas passée inaperçue. Paris plaide de longue date en faveur du renforcement de la base industrielle et technologique de défense européenne, en mettant l’accent sur les achats intra-européens. Selon deux hauts responsables français proches du dossier, la France a délibérément choisi de ne pas s’associer à cette démarche transatlantique, précisément en raison de cette vision stratégique.

Le gouvernement français, déjà engagé dans une augmentation substantielle de ses dépenses militaires, cherche parallèlement à contenir son déficit budgétaire, qualifié d’alarmant par plusieurs observateurs. Dans ce contexte, les priorités françaises se tournent vers une autonomie stratégique européenne, et non vers une dépendance accrue à l’égard de l’industrie américaine de défense.

En revanche, l’exécutif allemand, dirigé par le chancelier Friedrich Merz, considère que l’ampleur limitée de la capacité de production européenne justifie le recours aux livraisons américaines. Selon Berlin, il s’agit là d’un des rares moyens de fournir à l’Ukraine, dans des délais courts, les équipements militaires indispensables à sa défense.

Le 14 juillet, le président Trump a officiellement annoncé un accord entre les États-Unis et l’OTAN, stipulant que les fournitures militaires américaines destinées à l’Ukraine seraient désormais financées par les alliés européens.

Malgré cette annonce, certaines voix dissonantes s’élèvent également en Europe centrale. Le Premier ministre tchèque Petr Fiala a déclaré que son pays ne participerait pas au programme d’acquisition d’armes américaines via l’OTAN, marquant ainsi une autre fracture au sein du camp occidental.