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Reuters : des alliés européens ont appris le plan de Trump pour l’Ukraine au moment même de son annonce

Pour plusieurs alliés européens des États-Unis, le plan récemment dévoilé par le président Donald Trump visant à faire financer par les Européens l’achat d’armements américains destinés à l’Ukraine a été une surprise totale. L’incertitude demeure également sur l’identité des pays qui fourniront les systèmes Patriot.


C’est ce que rapporte Azerbaijan Today, en s’appuyant sur une enquête de l’agence Reuters, menée auprès de dix responsables américains et européens.

Depuis l’annonce du président Trump, il apparaît clairement que celui-ci n’a présenté qu’un cadre général, sans décliner de plan opérationnel précis. Selon plusieurs hauts fonctionnaires, l’ampleur réelle du soutien dépendra des négociations à venir, notamment pour déterminer quels pays livreront quel type de matériel.

« Comme toujours dans ce genre d’affaires, le diable est dans les détails », confie un ambassadeur d’un pays nordique en poste à Washington.

Le plan, élaboré ces derniers jours par Donald Trump et le nouveau secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a toutefois été positivement accueilli par Kyiv et ses alliés, d’après deux sources proches du dossier.

Des dirigeants ukrainiens ainsi que certains responsables européens ont salué un net infléchissement du discours de Trump, lui qui, jusqu’à récemment, s’exprimait avec complaisance sur le président russe Vladimir Poutine. D’autres en Europe ont, en revanche, exprimé leur agacement face à l’idée que ce soit une fois de plus les alliés qui doivent financer les décisions de Washington.

Lors de leur rencontre dans le Bureau ovale lundi, Rutte a mentionné six pays de l’OTAN — la Finlande, le Danemark, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas et le Canada — qui auraient manifesté leur volonté de prendre part à ce programme d’achat.
Cependant, selon les représentants de deux de ces pays, interrogés par Reuters, ils ont appris l’existence du plan uniquement au moment de son annonce officielle. Même les partenaires les plus étroits des États-Unis semblent avoir été mis devant le fait accompli.

« J’ai l’intime conviction que personne n’a été informé en détail à l’avance », déclare un ambassadeur européen.
« Et je soupçonne que même au sein de l’administration américaine, on commence à peine à comprendre ce que cela implique réellement », ajoute-t-il.

Les responsables américains sont actuellement en discussion avec les membres de l’OTANpour déterminer quels pays sont prêts à fournir du matériel militaireà l’Ukraine. Les réactions européennes seraient globalement favorables, selon plusieurs interlocuteurs.

Un haut responsable mentionne l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas et l’Espagne comme candidats potentiels à la livraison de systèmes Patriot, en raison de leurs stocks disponibles ou d’une moindre exposition directe aux menaces.

Néanmoins, certains États — notamment la Grèce et l’Espagne — avaient précédemment refusé de céder leurs batteries Patriot, estimant qu’elles étaient cruciales pour leur propre sécurité et celle de l’OTAN dans son ensemble.

Un autre responsable indique que l’administration Trump examine actuellement les stocks de l’OTAN, afin de déterminer quels équipements pourraient être réaffectés à l’Ukraine, contre une forme de compensation.

Trump a notamment déclaré à la presse qu’un pays disposait de 17 systèmes Patriot, dontune partie serait directement envoyée en Ukraine. Cette affirmation a provoqué la stupéfaction parmi plusieurs responsables européens et membres du Congrès américain, qui n’avaient pas été informésde tels chiffres.

Selon deux sources proches du dossier, aucun pays membre de l’Alliance, en dehors des États-Unis, ne détient un nombre aussi élevé de batteries complètes. Cela suggère que Trump faisait probablement référence à des composants isolés du système, tels que les lanceurs ou les missiles.

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, en déplacement lundi au Pentagone, a indiqué que l’Allemagne entamerait prochainement des discussions avec Washington sur la livraison de Patriot à l’Ukraine. Mais il a précisé qu’aucune livraison n’interviendrait avant plusieurs mois, ce qui compromet leur déploiement avant la fin de l’été, une période jugée tactiquement cruciale.

Un autre haut fonctionnaire a affirmé que Donald Trump s’implique personnellement dans les tractations, bien que celles-ci restent pour l’instant timides.

Pour mémoire, le 14 juillet, le président Trump avait annoncé un accord entre les États-Unis et l’OTAN, selon lequel les livraisons d’armement américain à l’Ukraine seraient désormais financées par les alliés européens.
Il avait également promis l’envoi supplémentaire de batteries de défense antiaérienne Patriot à Kyiv.